Des hommes étranges, une équipe en mode commando, se ruèrent sur la porte de la cabine. Avec de grosses pinces, des pieds de biche, tout le matos. Frusques de circonstance… A l’identique. « Mais qu’est ce qu’ils foutaient ?!, What the hell are they doing ? », s’interrogèrent les otages en fin de contrat. Instinctivement, ils avaient reculé pour se protéger de l’imminente explosion de la porte. « Mais après tout, pourquoi une explosion ? Pourquoi ces grosses pinces ? Pourquoi tout cet attirail ? ». Reprenant ses esprits, Bruno fit un pas en avant :
- Veuillez reculer Monsieur, fit un des barbares derrière la grille.
Bruno ne se démonta pas :
- Hum…c’est que je suis le liftier et je pense pouvoir ouvrir la porte sans le concours de votre équipe.
- Monsieur, laissez-nous procéder…
Le liftier sûr de lui ne le laissa pas finir, et d’un geste simple ridiculisa le commando et ouvrit la porte.
L’équipe recula immédiatement. La porte était juste entrouverte et on avait peur, peut-être, de la sortie brutale d’un fauve après des mois de captivité. Un ours ? Non, le liftier fit mine à ses clients de sortir.
Ce fut un défilé. Les philippins, les hongrois, Damien, l’américaine, Victor, sortirent. Ils réalisèrent que tout cela avait été l’objet d’une grosse opération. Au premier plan, le commando s’était rangé de chaque côté de la porte et constituait une haie d’honneur silencieuse. Devant, des pompiers, prêts à intervenir, en cas de…Au troisième plan, on devinait des médecins, des psychologues, des responsables de la tour. Il était 6 heures du matin. Une scène de sauvetage à l’américaine, comme dans les films catastrophe. Ca prenait des allures de films comme “Die hard”, “la Tour infernale”…
Pourtant la sortie se fit dans un silence analytique. Les spécialistes observaient l’état des otages. Ils marchaient tous un peu perdus: ça avait l’air épuisé, ça avait l’air abruti, mais pas d’alerte spéciale. On leur donnerait une couverture, à manger, les médecins ausculteraient yeux et oreilles ; puis les psychologues prendraient le relais.
Le silence s’interrompit soudainement : d’un coup, les secours se mirent en marche et la masse du comité se précipita sur les rescapés. Chacun son rôle, chacun son patient.
Victor fut pris en main par une jeune femme ; infirmière de la croix rouge ? médecin ? Peu importe :
- Comment vous sentez-vous monsieur ?
- Ca va ; j’ai faim, j’ai soif…
- Vous avez froid ?
Victor ne répondit pas. Il tournait la tête à gauche, à droite, perturbé.
- Mais où est ma femme ?… Maude ! cria-t-il.
Il se détacha de l’attention de la jeune femme et fit le tour de la « foule ». Soudain, il réalisa qu’il y avait une agglomération d’hommes devant la cabine, il s’approcha. Plus grand que la moyenne, il put voir par-dessus les épaules, sa femme.
Elle était dans la cabine et refusait apparemment d’en sortir. Il s’approcha plus près pour entendre ce qu’elle disait.
