Daft Punk et le diagramme de Gantt – un article bâclé

Lundi 10 novembre 2008

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Mince, il est dingue de constater l’excès de rationalisme du groupe electro. Fan, j’ai en mémoire des dizaines de passages volés à presque chacun des titres. De Veridis Quo à Fresh jusqu’au très fameux Too Long, tout est calculé, au dixième de seconde près, le bit démarre après la folie aux teintes disco, le souffle de voix “Yeah”, “Hum”, “Oh” a été travaillé des heures et calé de façon réfléchie. C’est bizarre, on associerait volontiers (j’associerais) au Daft, intuitivement, une petite démesure de nonchalance, un brin d’impro, une part d’aléatoire de l’ordinateur, une fainéantise passagère en milieu de morceau. Non, rien de tout ça. Même dans l’album Alive 2007, enregistré à Bercy en juin de la même année, la succession entre les titres est rationalisée. Voir: entre le titre 3 et 4, l’enchaînement est d’une fluidité qui ne saurait être spontanée. En seconde 15 du titre 5, around the world est lancé, calé, ça aurait été trop tard en seconde 16, bien trop tôt en 14. Il y aussi cette logique du rappel. Dans Alive, les morceaux sont presque tous imbriqués les uns aux autres. Too Long joue pour la Steam Machine, tandis que Prime Time of your Life percute pour the Brainwasher… Et puis, à force d’écoutes, on réalise que les périodes s’enchaînent mais aucune ne saurait démarrer si l’autre n’est pas finie ou ne s’émiette suffisamment pour laisser place à la novice. C’est une logique en somme d’optimisation des flux, c’est carré, parfait, productif. Un travail à la chaîne calculé pour une efficacité optimale. Bref, on sait tout, on est prévenu. Les Daft s’y retrouvent, Mektoub!

L’étonnant, c’est qu’au sein de l’écoute du groupe, ça rassure. On a au moins l’emprise sur la succession des choses; seul élément de maîtrise dans cet univers complétement déjanté et parfois trop prenant. Même les Daft ont besoin d’un repère…

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