Archive pour 'Scandales en vrac'Catégorie

javier

Dimanche 12 octobre 2008

case départ

Mardi 16 septembre 2008

tu veux un tour de magie?

Lundi 1 septembre 2008

combien de temps j’ai passé dans ma baignoire?

Mardi 12 août 2008

j’essayais d’étoffer mon discours, j’argumentais ferme:

- en fait, si on comptabilise un peu, à la va-vite, les heures, qui en s’accumulant donnent des jours, qui ajoutés font des mois, lesquels additionnés se transforment en année, passées dans son lit, à se laver, à manger, à lire assis sur la cuvette des cabinets, dans le bus, dans le metro, à attendre le bus, le metro, dans la voiture de papa, à manger de facon alimentaire, et j’en passe, on aboutit progressivement à la conclusion suivante que l’ensemble des éléments qui nous fondent, croit-on, et j’entends par là: la fois où je l’ai rencontrée, la fois où j’ai recu ma première gifle, la fois où j’ai réussi tel examen, la fois où j’ai visité tel pays d’exception, bref tout ce qui fait de nous une personnalité…et bah… ca fait pas bien lourd dans une vie.

- en effet, me répondit-il.

le commercial

Samedi 5 juillet 2008
un commercial winner

un commercial

Quand je suis arrivé sur le pas de porte de la salle d’attente du kiné qui est pas loin de chez moi et qui donne sur la rue, y a un type en costard qui m’a ouvert. J’ai remercié bien que ce geste courtois me paraisse normal (j’ai des béquilles). Y avait une autre nana dans la salle d’attente, elle était assise, moche et de toute évidence attendait son rendez-vous pour un soin quelconque. Le costard qui m’avait ouvert ne s’asseyait pas en revanche. Ça me flinguait. “Mais qu’est-ce qu’il fout là?, pourquoi il s’assoit pas?!, il peut pas faire comme tout le monde?!”. Il y avait la place.

Je trouvais des réponses à mesure que je m’intéressais aux détails de son comportement, de son allure, de ses items. 1m75, costard noir à rayure, 37 ans, un poil débraillé, chemise blanche, coton épais, col imposant genre qui dépasse largement de la veste, pompes de ville dans l’air du temps, à moitié plastifiées, brillantes, sales. Immondes. Un winner. Tout était là pour qu’il en jette. Ça puait le charisme volontaire, le beau gosse du 77. Chemise évidemment rentrée dans le pantalon, sans ceinture. On distinguait même un ventre un peu fourni derrière. Et ça se voulait baraqué… Le type se tenait droit, attendant qu’il se passe quelque chose. “Mais quoi?!”. Il tenait dans sa main un classeur, ça le rendait pathétique. “Mais qu’est-ce qu’il fout?”. L’idée fit peu à peu son chemin: “Mais c’est bien sûr! Un commercial!”. Ca pouvait pas rater, il était la caricature de son statut. Il était concentré, l’allure droite; oh que non, on ne le prendrait pas au dépourvu! Le kiné pointerait son nez et il balancerait son speach galvaudé, direct.

Ce fut un infirmier qui en premier apparut dans la salle d’attente. Il se lança: “Bonjour, M.XXX, de la société YYY, je souhaitais me présenter à Monsieur ZZZ,…”, “Bonjour, mais moi, c’est M.UUU, l’infirmier”. Le commercial ne se découragea pas et se remit en position. La dame se dirigea vers l’infirmier.

Nous n’étions plus que deux dans la salle. Putain il était concentré. “Le salaud pensai-je, il va grappiller des minutes de ma séance”. “L’enflure” me disais-je, mais l’air de rien, je feuilletais tranquilou un Paris Match. J’étais néanmoins prêt à faire un sprint dans la salle du kiné dès qu’il ouvrirait la porte. Avec les béquilles, ça allait être folklo. Rien à foutre: “pas moyen qu’il me gratte le début de la séance ce salopard…putain mais il pouvait pas venir à un autre moment?!”.

Au bout de quelques minutes, connaissant bien le cabinet, je percevais de la salle d’attente les bruits qui annonçaient l’imminence de l’ouverture de porte et du “bonjour” à mon intention. Dans mes starting blocks, j’étais prêt. A fond. Le kiné se pointa, tout sourire, j’étais encore dans mon rôle, tout va bien. J’attendais que le commercial prenne la parole, “mais vas-y merde!, déblatère-le ton discours!”. Le kiné me fit signe de rentrer. Un peu surpris, je béquillais jusqu’à lui pour le serrage de mains, le commercial prit la parole, enfin!

- Monsieur ZZZ?

- Oui.

- Bonjour, je souhaitais me présenter, M.XXX, de la société YYY…

- D’accord, fit le traître de kiné.

- Voilà, nous avons…

Je rentrais dans la salle et me foutais en calfouette. Allongé, j’entendais les murmures de leur conversation. Elle ne fut pas longue; et comme je m’y attendais, le type se prit une belle veste du genre: “merci de vous être déplacé, mais nous n’avons pas ce genre de besoin…”. Mais merde, le gars m’avait quand même gratté le début de la séance. Ce mec, c’était un représentant de commerce, un VRP, un Sales Rep’, un commercial.

bon sens en milieu marécageux?

Vendredi 20 juin 2008

Classiques et néo-classiques, penseurs humanistes

L’emmerdant avec le socialisme français, c’est que c’est très facile d’en être.

L’ennui avec le communisme français, c’est qu’on vous fait les yeux plein d’empathie quand on s’en revendique.

L’inquiétant avec le capitalisme français, c’est qu’il faudrait avoir honte d’en être.

Et la principale gêne, c’est qu’en France, il est désormais inutile de défendre une idéologie. Puisqu’en effet il s’agit d’endosser soit le beau rôle, soit celui du doux rêveur, soit celui du requin cynique. En fait, le plus problématique serait peut-être d’être, au bout du compte, français. Puisqu’on ne peut plus parler sans hériter d’une étiquette, la plupart préfère la boucler ou bien s’habiller de blanc sans comprendre ni ce qu’il défende, ni là où ça mène, ni ce que cela implique.

On dit souvent que le bon sens suffit pour planter les bons piquets aux bons endroits. Et j’y ai longtemps cru. Malgré tout, je pense qu’un minimum d’entendement économique est presque l’unique moyen de provoquer du bon sens, à ce sujet…

La perle

Je me rappelle en mai 2007, le 20 exactement, à la terrasse d’un bar branché du marais où les gens se tiennent debout car c’est la mode le regard d’une jeune bourgeoise bohème dont la famille est propriétaire d’une bicoque sur une île huppée de Bretagne. La discussion allait bon train, nous étions avec quelques amis et cette jeune femme. Alors que nous plaisantions sur un sujet lié à la mésaventure qu’avait connu une personne, un ami s’esclaffa:

- Il faudrait en toucher un mot à Nicolas!, ironisant sur l’aspect tout-terrain du nouveau président.

- Hein?!, dit la jeune fille qui n’avait pas compris.

Et là, une des plus pathétiques réactions de la vie parisienne se produisit. Une de mes amis, certainement d’un autre bord que mon ami blagueur se prit de lui expliquer, tout doux dans le creux de l’oreille:

- C’est parce qu’il a voté Sarkozy.

Conséquence immédiate: mouvement instantané de recul dédaigneux de la jeune et supérieure bourgeoise bohème. Je vis mon ami entendre cette réflexion et lire le mépris; sa grandeur d’esprit lui dicta de finir son verre, bien aise.

Scandaleux, non?!

Attention! Je ne fais pas cela pour défendre plus un bord que l’autre mais bien pour dénoncer la connerie. Aujourd’hui en France, on choisit trop souvent la facilité. Il était tellement plus facile de voter, sans réfléchir, Ségolène et de le crier sur tous les toits que d’avoir le cran de voter Sarkozy, vote – si officialisé – demandant souvent un peu de courage, sachant le bougre d’homme qu’il est…Pourtant Ségolène n’avait pas un programme spécialement de gauche, loin s’en faut, mais qu’importe, elle se disait du PS…Et quand il s’agit d’enfiler l’habit du bien pensant, cet argument suffit à bien des gens…

Plus jeune, j’étais communiste. Avant ma vingtaine, j’élaborais théories et poèmes plein d’entrain. Un vrai révolutionnaire. J’y croyais dur! Après, en étudiant plus, j’ai cru en la théorie des extrêmes: deux moyens d’atteindre le royaume du bonheur hégélien. J’explique:

Tout d’abord, le mécanisme du marché dans lequel la monnaie ne serait qu’un voile (Jean-Baptiste Say) et où “trop d’impôts tue l’impôt” est un monde fantastique. Parfait. Fluide. Pur et parfait. Chaque individu agit selon ses inclinaisons et la main invisible smithienne fait le reste. Les denrées et besoins s’égalisent. L’état est minimal, on croit en l’homme. La vie est belle. Le pouvoir (politique) devient une notion déclinante. C’est d’apparence une solution dure, mais c’est de loin la plus belle, la plus pacifiste et la plus naïve; car elle fait confiance à l’homme.

D’un autre côté, le socialisme communisme poussé à son état le plus profond également est merveilleux. Chacun produit pour l’autre. En revanche, il faut d’abord mettre en œuvre une grosse machine de guerre étatique pour réguler le marché (n’en déplaise à certains, il y a toujours “marché”). Cette étape est longue et souvent coûteuse car elle met aux prises différents hommes de pouvoir, au début. Et comme la solution est collective, il faut effacer les inclinaisons humaines, ce qui demande du temps et bien plus! des concessions, lourdes…Enfin, le royaume du bonheur se dessine. On produit pour moi et je produis pour autrui, mais manque de chance: mes inclinaisons naturelles (une préférence pour le bleu, une envie de roquefort plus que de comté,…) n’ont pas tout à fait disparu. Le fiasco du rationnement totalitaire pointe son nez crochu. La solution collective fait envie, c’est le beau rôle, mais elle est impossible: au nom de quelle théorie, de quelle idée du bonheur, devrons-nous censurer ce que chaque homme a de plus cher, sa différence?

Ma fête des masques à moi serait donc de croire en l’économie de marché, mais à son paroxysme! Pas à l’actuel, où l’on pimente de marché un état socialiste (ou l’inverse, on pimente de socialisme à grands coups de réformes une situation de marché), mais à celui dont la perfection rappelle la mécanique des fluides: tout est huilé, sans intervention aucune, les hommes sont en harmonie.

Mais il y a toujours un mais: comme nous ne laisserons jamais les hommes donner libre cours à leurs inclinaisons sans regard étatique ou quelconque surveillance, il faudra à jamais se contenter d’un demi système, comme le nôtre; où les deux théories s’affrontent sans cesse sans jamais comprendre qu’elles aspirent à la même chose (l’absence d’état, la fluidité). Aujourd’hui, les imperfections d’une économie de marché pure insuffisamment appliquée provoque des dérives terribles (taux d’intérêt, argent non réinvesti, capitalisme brut privilégiant accumulation à circulation fiduciaire).

Et puis au passage, le socialisme communisme français est vicié, puisqu’il pense et revendique “pouvoir d’achat”, or, dans un monde communiste, la consommation se passe d’argent…Le socialisme français actuel est donc une compromission mais pas une idéologie.

En revanche, il est évident qu’avec le demi système actuel, qui attise convoitises à grands renforts d’inégalités, une conscience socialiste demeure indispensable.

construire au culot

Samedi 14 juin 2008

De l’inégalité et des choses parmi les riches

Jeudi 5 juin 2008

oh you! wealthy people…

Des choses étonnantes existent dans ce bas monde; à la loupe, si l’on s’adonne à un petit regard sur l’Europe, on réalise que des paradoxes grandiloquents nous environnent. Je propose ici un petit exercice alliant de l’économie, des fractions, et du scandale…

Selon le récent classement des hommes les plus riches du monde réalisé par le magazine Forbes, la fortune accumulée par les Européens les plus riches est de 893 milliards d’euros; fortune répartie entre les 298 milliardaires européens…

Hiérarchie, moyenne

Un coup œil rapide sur ce classement permet tout d’abord d’établir une hiérarchie par pays:

· Russie: 87 représentants pour 300,7 milliards d’euros, soit 3,5 milliards par tête

· Allemagne: 59 représentants pour 181,5 milliards d’euros, soit 3 milliards par tête

· Royaume-Uni: 29 représentants pour 49,7 milliards d’euros, soit 1,7 milliard par tête

· France: 15 représentants amassant 66,9 milliards d’euros, soit 4,4 milliards par tête

· Italie: 13 représentants soit 38,1 milliards d’euros, soit 2,9 milliards par tête

·

De parfaits inconnus à la tête d’empires starifiés; portraits choisis, conclusions orientées

Un regard mesquin sur l’activité ayant fait la fortune de ces bien heureux conjugué à la découverte de leur initial social background nous apportent quelques éclaircies sur le profil des personnages.

  • Ingvar Kamprad? Autodidacte suédois. Après avoir vendu des allumettes, des décorations de Noël et des graines de semence pendant son adolescence, il crée son entreprise en 1943, à l’âge de 17 ans. Il est désormais l’homme le plus riche d’Europe, détenteur d’une fortune de 19,8 milliards d’euros – fondateur du géant de la conception/distribution de meubles bon marché: Ikea
  • Karl Albrecht? Autodidacte allemand. Après la seconde guerre, il reprend l’épicerie de quartier de sa mère. C’est tout bonnement l’homme le plus riche d’Allemagne, détenteur de 17,2 milliards d’euros – fondateur du géant des supermarchés discount: Aldi
  • Oleg Deripaska? Russe, passé louche, ancien trader dans le métal. L’homme le plus riche de Russie, détenteur de 17,9 milliards d’euros – à la tête d’un empire industriel basé sur l’aluminium
  • Amancio Ortega? Espagnol, autodidacte. Fils de cheminot, il quitte l’école à 14 ans. C’est tout simplement l’homme le plus riche d’Espagne, détenteur de 12,7 milliards d’euros – fondateur d’Inditex empire de la mode plutôt moyenne gamme et regroupant plusieurs marques, parmi lesquelles: Zara

Conclusion: l’homme riche se construit souvent seul, c’est-à-dire à partir de son unique volonté et de sa mentalité d’entrepreneur; peu de diplômes, peu d’héritage. Par ailleurs, son cœur de métier est souvent industriel, ses produits s’immiscent dans la vie populaire et quotidienne, leur prix n’est pas élevé…

Il est étonnant de remarquer le contraste entre ce qui est en général appréhendé comme des milieux privilégiés, riches, upper class (finance, haute-couture, cols blancs) et la réalité de la grande opulence (industrielle, reposant sur un socle populaire, quotidien)…

Apprentissages principaux: démesure, loi du grand nombre, déséquilibre mal placé

En mettant les 3 points suivant en exergue, on aboutit à des petites magnificences du capitalisme contemporain:

  • Les ratios! 893 milliards d’euros c’est 1 400 milliards de dollars,…! Et 1 400 milliards de dollars c’est aussi:
    • Le PIB espagnol, huitième mondial
    • 2 fois le PIB hollandais, seizième mondial
    • 10 fois le PIB ukrainien, quarante-septième mondial
    • Presque 10 fois le chiffre d’affaires de Total, plus grosse compagnie française
    • 20 fois le PIB du Maroc
    • 1,4 fois le PIB de l’Afrique

Tout cela entre les mains de 298 humains…

  • Stratégie. C’est après tout la démocratie, le populaire, enfin, la loi du plus grand nombre qui prime. C’est en vendant du pas cher à tout le monde (Ikea: 228 magasins, 33 pays; Inditex (Zara): 2690 boutiques dans 62 pays) qu’on devient le plus riche; ou encore c’est en vendant à un nombre très limité de personnes qu’on s’élève (LVMH). => Conclusion: la stratégie de niche (socle populaire ou upper class) est toujours la plus gratifiante. L’entre-deux est oublié: pas de patron de PME dans ce classement (ou “mal classés”) et peu de produits moyenne gamme/prix moyen représentés.
  • Relativité. La richesse n’exclut pas l’inégalité, le plus pauvre milliardaire du monde est 56 fois moins riche que le plus fortuné des fortunés. Pobrecito…

Sources:

http://www.lefigaro.fr/

http://www.linternaute.com

https://www.cia.gov

http://www.forbes.com

http://www.jeuneafrique.com

any comment?

Mercredi 4 juin 2008

Brasillach thinking

Mardi 3 juin 2008

Le bonheur n’est qu’un bâtard miraculeux de la chance, qu’il faut accepter sans demander d’où il vient